Anne Eliayan et Christian Pic

A la croisée des utopies.

Le projet d’exposition porté par Anne Eliayan et Christian Pic, de Arles Gallery, rend hommage à ce rapport entre l’architecture, l’utopie, et leur incarnation. À travers  leur objectif, les deux artistes multiplient les points de vue et révèlent des perspectives. Ils interrogent la vision de l’architecte, en recherchent l’essence, et observent la réalisation dans toutes ses dimensions habitées et vécues. Que reste-t-il de l’utopie quand son fruit a vu le jour ? S’inscrit-elle dans le réel, ou ne survit-elle que sur le papier ?  

De l’esquisse à la vie qui habite un projet architectural, le projet imaginé par l’architecte prend corps et perd une partie de son dessein. C’est le passage de l’imaginaire au réel, du fantasme au concret. Pour autant, l’utopie reste le fil conducteur du bâtiment et de son occupation. Elle se nourrit de sa torsion, trouve un écho dans sa propre métamorphose.

De La Grande Motte au stade Raoul Barrière, l’utopie guide l'œil et offre une perspective sur le travail de Jean Balladur, tout en questionnant le spectateur sur la nécessité de comprendre la démarche pour apprécier l'œuvre. La photographie est un témoin de cette recherche de la perfection autant qu’un aveu d’impuissance à la réaliser totalement. L’utopie est peut-être avant tout cette distinction là : la volonté de chercher la perfection, et l’humilité de reconnaître notre incapacité totale à l’atteindre pleinement.

Le projet des Ostals obéît à cette recherche, à cette utopie. Redonner de la vie à une pierre endormie, valoriser le bâti ancien avec une approche contemporaine, chercher la ligne de jonction entre l’hospitalité, la culture, le spectacle vivant, et le patrimoine. C’est un lieu de vie, de rencontres, pluriel et singulier. C’est à la fois ce que ses équipes imaginent, et ce qu’en gardent les passants. hirC’est l’imagination de ses concepteurs et le souvenir qui se grave dans chacun de ses visiteurs. C’est le carrefour entre la vision et le réel, le dessin et le concret. Une utopie imparfaite, mais bien réelle.

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ÉLISE GEOFFRION