Shuling Liu
En voyage vers sa propre liberté.La pratique de Shuling est un voyage vers sa propre liberté. Il est difficile de dissocier l’artiste de l’humain, le parcours professionnel de la recherche artistique. Du reste, cela est-il utile ? Nécessaire ?
Née à plus de 1000 km de la mer, Shuling n’a eu de cesse de s’en rapprocher, de l’habiter et de l’inviter dans ses créations. Elle la regarde de loin, puis s’immerge en elle. Comme un aller-retour permanent entre l’observation et le vécu, l’analytique et le charnel. Entre la perception globale du monde marin et le détail subtil de la carcasse d’une écrevisse.
Ses valises se sont posées quelques jours aux ostals pour une résidence artistique, et comme souvent, elle a ajouté une strate aussi imprévisible que sensible à l’écrin séculaire dont les portes se sont ouvertes cet été.
Comme promenés par le vent, donnés puis repris par l’écume, ses pinceaux ont parcouru le papier quand son oeil fin et profond scrutait les murs en observant ce qu’ils avaient à transmettre. Elle décrivait son approche comme une recherche sur l’archéologie des couleurs. Il en résulte une exposition tout en finesse, en discrétion, où la couleur, les couleurs, prennent une place sensible, s’intègrent dans un environnement complet et complexe. L’archéologie a en un sens laissé place à une approche plus contemplative, plus allégorique.